Monétarisme : gagnants et perdants
Tout est simple disait Milton Friedman…
Il suffit d’un minimum de culture monétariste pour comprendre les problèmes liés à l’euro, or les dirigeants économiques et politiques euro-zonards n’en ont aucune, et de ce fait, ils ne comprennent rien à ce qui se passe, pire : ils accumulent les erreurs, ce qui est grave et inquiétant…
Ainsi par exemple, Jean-Claude Le Tricheur vient de déclarer au Spiegel que l'économie se trouve dans la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, voire depuis la Première ! C’est donc la crise, comme en 1929, en pire même.
Avant le week-end du 8 mai, il déclarait qu’il n’était pas question que la BCE achète des bons des Trésors euro-zonards mais le lundi matin avant l’ouverture des marchés, la BCE a annoncé qu’elle avait décidé de le faire à une écrasante majorité…
En fait 3 membres du conseil des gouverneurs ont voté contre : Axel Weber le patron de la Bundesbank, Nouk Wellink celui de la Banque centrale des Pays-Bas (les deux pays dont les balances commerciales excédentaires permettent à ces cochons de pays du Club Med de survivre) et Jürgen Stark (un autre Allemand) chief economist la BCE. C’est la démocratie selon Jean-Claude Le Tricheur !
A la fin de la semaine, vendredi 14 mai, bien que les banques centrales de la zone euro aient racheté des bons des Trésors de ces cochons de pays du Club Med, leurs rendements ont déjà remonté et l’euro a continué à baisser par rapport au dollar, les marchés étant plus forts que les banques centrales, si bien que les dirigeants de certaines d’entre elles se demandent maintenant comment ils vont pouvoir gérer cette nouvelle situation à terme !
Les dirigeants de la BCE prennent des décisions dans la précipitation et à très court terme sans comprendre la gravité des problèmes posés.
Karl Otto Pohl a démissionné de présidence de la Bundesbank en 1991 car il ne voulait pas cautionner la décision d’Helmut Kohl d’adopter le Deutschemark comme monnaie unique à l’Allemagne réunifiée du fait que l’ex Allemagne de l’Est avait une productivité globale largement inférieure à celle de l’Ouest. En effet, la logique économique imposait de conserver l’Ost mark, ce qui aurait permis aux investisseurs de profiter des faibles coûts de l’ex Allemagne de l’Est qui aurait alors pu se développer rapidement et atteindre le niveau de celui de l’Ouest en quelques années.
Ces cochons de pays du Club Med sont dans la même situation que l’ex Allemagne de l’Est : les gains de leur productivité globale sont largement inférieurs à ceux de l’Allemagne de l’Ouest.
Les Allemands ont plus ou moins bien accepté de supporter le fardeau de ceux de l’Est car ce sont des Allemands mais il n’en est pas de même avec les habitants de ces cochons de pays du Club Med.
Karl Otto Pohl est très fermement opposé aux décisions qui ont été prises récemment par Angela Merkel et par les dirigeants de la BCE, en particulier parce qu’elles ne respectent pas les règles du traité sur le fonctionnement de l'UE, à savoir qu'aucun État ne peut être tenu responsable des dettes d'un autre.
Paul Volcker qui ne fait pas dans la dentelle (il avait relevé les taux de la Fed à près de 20 % en 1981 pour éradiquer l’inflation croissante de l’après-guerre qui menaçait les intérêts vitaux de l’Amérique) vient d’évoquer le grand problème de la désintégration possible de l'euro.
Axel Weber, Nouk Wellink, Jürgen Stark, Karl Otto Pohl, Paul Volcker et autres ont raison.
Ce ne sont pas les marchés qui sont devenus fous : les (bons) spéculateurs voient juste et loin car ils ont une bonne culture monétariste…
Un petit rappel…
Au départ, cette monnaie unique qu’est l’euro est contraire aux règles élémentaires en la matière : pour atteindre l’optimum économique, tout pays indépendant et souverain doit avoir une monnaie et ces monnaies doivent fluctuer librement les unes par rapport aux autres.
La zone euro n’est pas une nation et ne le sera jamais. Tout le reste est (mauvaise) littérature.
Maintenant, le plus grave, ce sont les erreurs qui sont prises par les hommes (et les femmes) qui dirigent les institutions politiques et économiques.
Angela Merkel a fait l’erreur qu’il fallait surtout ne pas faire, Sarko & Co sont devenus très dangereux, Jean-Claude Le Tricheur plane, etc.
Les principales victimes en seront les malheureux euro-zonards.
Tout est simple…
***