Monnaies, centrales nucléaires, big banks, tsunamis
Les monnaies sont définies les unes par rapport aux autres depuis 40 ans (depuis le 15 août 1971).
Dans un système de changes libres, les parités monétaires s’établissent automatiquement à leur juste valeur et les balances commerciales sont automatiquement rééquilibrées.
Dans un système de changes fixes comme celui de Bretton Woods, il fallait procéder à des modifications de parités monétaires quand les déséquilibres devenaient trop importants : des monnaies comme le franc français, la lire italienne, etc. ont souvent été dévaluées ce qui permettait de maintenir la croissance du PIB à un niveau élevé.
Dans le système de changes définitivement fixés que constitue l’euro système (pour reprendre l’analyse de notre ami le docteur Bernard Trémeau), aucune modification de parités monétaires ne peut se faire.
C’est un système fermé qui a tendance à exploser à terme comme… une centrale nucléaire devenue incontrôlable.
En effet, les déséquilibres des balances commerciales ne peuvent qu’augmenter : les excédents de l’Allemagne sont dopés par une monnaie relativement sous-évaluée et les déficits de ces cochons de pays du Club Med (dont la France, cf. mes graphiques) s’accentuent à cause d’une monnaie surévaluée à cause de leur productivité globale trop faible.
Comme les excédents des uns compensent globalement les déficits des autres au sein de l’euro système vis-à-vis du reste du monde, il n’y a aucun mécanisme compensateur ni même aucune possibilité de rééquilibrage : les entreprises grecques ne commercialiseront jamais des produits comparables à ceux qui sont exportés par l’Allemagne (usines, biens d’équipement, voitures haut de gamme, etc.).
Pour que la croissance reparte dans les pays du Club Med, il aurait fallu que l’euro baisse, logiquement, par rapport au dollar (US$), or il monte : il était en moyenne à 1,34 US$ en janvier, à 1,37 $ en février et peut-être 1,40 $ en mars. C’est suicidaire pour ces pays.
L’euro monte par rapport au dollar essentiellement pour sauver les big banks de la zone. En effet, elles se trouvent dans une situation critique, au bord d’une sorte de big bang : quand l’euro baissera dans sa logique, les capitaux sortiront de la zone et, sans ressources, elles tomberont dans un effet dominos, c'est-à-dire dans un enchainement d’effets catastrophiques plus ou moins prévisibles, comme ce qui s’est passé dans la centrale de Fukushima, mais avec un tsunami bancaire au final et non au départ.
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