Réussite et échec de la Fed
Les gens de la Fed ont su mettre fin à l’hypertrophie monétaire en maitrisant parfaitement bien de gigantesques turbulences financières mais ils sont maintenant totalement incapables de gagner la guerre en imposant leur loi.
Les groupes de pression de la communauté financière ont réussi à torpiller la loi maladroite imaginée par Paul Volcker alors qu’Alan Greenspan savait toujours profiter de sa position de force pour faire passer les lois et les règlements qui donnaient de bonnes solutions aux problèmes posés.
Il aurait certainement imposé aux banques le respect de cette règle d’endettement : un µ (leverage) impérativement inférieur à 10, ce qui est nécessaire et ce qui aurait pu être suffisant.
Pire : le bombardier furtif B-2 fait de grosses erreurs de communication, ou, plus grave, d’analyse : après avoir écrit le 27 janvier que les taux resteraient à zéro pour une période prolongée, le 10 février il précise que la Fed relèvera son taux de base le moment venu et le 18 février, la Fed remonte son taux d’escompte, ce qui est le premier pas vers un relèvement de ses taux.
B-2 donne l’impression de ne plus rien maitriser ni de savoir où il est, ce qui est inquiétant pour un bombardier très puissant en plein vol avec des risques élevés de turbulences dans la Vieille Europe.
Un point positif : les moutons en ont enfin tiré la conclusion que la croissance était repartie et qu’ils pouvaient sortir de leur refuge que sont les Treasuries pour aller s’investir en actions (paradoxalement, ils continuent à accorder une certaine confiance aux gens de la Fed !).
Les rendements des notes à 10 ans sont repartis sur leur tendance haussière…
Graphique 1 :
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… ainsi que les rendements des autres Treasuries,
Graphique 2 :
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Attention ! Ces nouvelles courbes de tendance ont l’avantage de montrer l’évolution possible des rendements d’après mes analyses, mais elles ne les prédisent pas.
L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans a atteint jeudi 18 février un record historique à 293 points de base et il a enfin amorcé sa descente comme il l’a fait pendant la période allant du début du 2° semestre 2003 à la fin de 2006,
Graphique 3 :
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Zoom sur la hausse récente de cet écart et du point de retournement,
Graphique 4 :
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Les rendements des bons des Trésors allemand et français à 10 ans suivent l’évolution de ceux des Notes mais à un niveau inférieur, ce qui ne signifie pas que les dettes publiques de la France et de l’Allemagne sont plus sûres que celles des Etats-Unis comme l’écrivent les journaleux !
L’explication est la suivante : les autorités, surtout en France, ont obligé les banques à acheter de grandes quantités des bons du Trésor à des prix élevés sur le marché primaire pour maintenir des taux bas.
Les banques sont obligées de se débarrasser de ces obligations pourries en les revendant directement à leurs clients de façon à ne pas faire baisser les prix des contrats et remonter les rendements sur le marché secondaire.
Ainsi, tous les conseillers financiers des banques franchouillardes ont incité leurs clients (des idiots bien utiles !) à placer leurs économies en produits financiers adossés à des bons du Trésor français en leur faisant miroiter des rendements élevés et des risques nuls (la garantie de l’Etat français !) par opposition aux actions dont les cours ont plongé en 2008.
Erreur fatale : la valeur des bons du Trésor baisse et baissera à cause de la remontée générale des taux et de la hausse des risques dans la zone euro alors que les espérances de gains sur les plus-values sur les actions cotées aux Etats-Unis n’ont jamais été aussi fortes qu’actuellement.
Graphique 5 :
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Les bons à 10 ans des Trésors des pays du Club Med sont l’équivalent de quasi monnaies qui se dévaluent par rapport à la quasi monnaie de référence qu’est le Bund,
Graphique 6 :
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La dévaluation potentielle est encore plus forte pour l’Italie,
Graphique 7 :
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Toutefois, c’est maintenant l’Allemagne qui est touchée par les désordres monétaires euro zonards.
En effet, d’après la Bafin (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht, l’équivalent de la SEC et de l’AMF), de l’argent non gagné (522,4 milliards d’euros) issu des PIIGS (le Club Med moins la France plus l’Irlande), a été placé dans des banques allemandes jugées plus sûres, les banques allemandes ayant par ailleurs prêté des sommes importantes à des firmes des PIIGS !
Ainsi s’explique ailleurs qu’en France, l’hypertrophie de la masse monétaire de la zone euro.
Plus que jamais, un tsunami monétaire et financier peut s’y produire à tout moment.
L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. Les gens de la Fed l’ont rétabli aux Etats-Unis, ce qui n’a pas été le cas dans la zone euro qui est ainsi durablement piégée (tant qu’un tsunami ne se produit pas) comme l’a été le Japon.
Cliquer ici pour lire l’article du Spiegel sur ces problèmes.
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