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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:32

en ligne sur mon site chevallier.com

~~Les Marioles de la BCE : les faucons et les vrais… Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme Les membres de la BCE qui s’opposent à la politique monétaire laxiste de la BCE qui consiste à prêter des centaines de milliards d’euros gratuitement à des banques et à racheter aussi pour des centaines de milliards d’euros des titres plus ou moins fiables (ou plus ou moins pourris) sont couramment qualifiés de faucons par la nomenklatura parce qui les considère comme étant trop rigoristes. Ce sont essentiellement les Allemands de la Buba. Le Mariole de la BCE a osé les ridiculiser publiquement en se moquant d’eux, en disant, en allemand, que ceux qui s’opposent toujours à tout, « nein zu allem », toujours non à tout (à la politique monétaire menée par la BCE) avaient été mis de ce fait en minorité écrasante ! Pourtant, comme leur nom le précise clairement, les faucons sont des animaux très intelligents sous leur apparence calme, ce qui n’est pas le cas des vrais… En effet, la doctrine constante de la Buba est que les banques centrales ne doivent pas avoir de rôle proactif car c’est aux gouvernements d’agir de façon à ce que la croissance puisse atteindre son potentiel optimal. La réussite de l’Allemagne, que ce soit au niveau de ses entreprises, de leurs produits et au niveau macro-économique montre que cette doctrine donne de bons résultats mais la liberté n’est pas en son centre ce qui a donné lieu dans le passé à des catastrophes car un tel type de gouvernance a pu mener à un socialisme nationaliste du fait que le pouvoir politique veut assurer le bien-être du peuple. A l’opposé, les Américains (des Etats-Unis) considèrent que le gouvernement (fédéral) ne doit que fixer les règles du jeu économique pour que les marchés puissent fonctionner librement dans ce cadre et que c’est à la banque centrale de réguler l’activité économique de façon à ce que la croissance du PIB soit proche de son potentiel optimal à terme car des dysfonctionnements peuvent toujours se produire spontanément, en particulier un départ d’inflation difficilement maitrisable par la suite. La réussite des Etats-Unis montre que le libéralisme, et plus précisément le monétarisme, basé donc sur la liberté donne de bons résultats à tous les niveaux, l’Amérique gardant ainsi le leadership sur le Monde libre. Les Marioles de la BCE ont donc montré une fois de plus qu’une démocratie mal conçue peut être la dictature de la majorité et qu’elle peut reposer sur des idées fausses et dangereuses… En effet, cette politique monétaire est censée fournir des centaines de milliards d’euros aux banques de la zone pour qu’elles les prêtent à des investisseurs. Or, d’après les communiqués de la BCE, l’encours des crédits aux entreprises et aux particuliers n’a pas augmenté depuis un an (officiellement de l’ordre de 1 %) alors que la BCE a augmenté ses prêts de 40 milliards d’euros d’une année sur l’autre, soit de près de 10%. Les banques de la zone ont emprunté 632 milliards d’euros à la BCE (à son dernier bilan) qui ne servent donc pas à prêter cet argent à des investisseurs mais à maintenir en survie des banques qui, sans cette bouée de sauvetage, auraient une position nette débitrice vis-à-vis de la BCE, le marché interbancaire ne fonctionnant plus depuis plusieurs années car la confiance ne règne plus entre les banques du fait qu’elles ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement. Ces banques redéposent en retour ces disponibilités excédentaires auprès de la BCE. L’argent circule entre les banques et la BCE mais pas dans le système productif ! De plus, les Marioles de la BCE ont racheté en un an pour 675 milliards d’euros de titres supplémentaires, ce qui correspond à un apport de liquidités aux banques qui les redéposent en retour auprès de la BCE, ce qui n’a là aussi aucun effet d’entrainement dans le système productif. Pire, ces rachats de titres qui se montent à 1 288 milliards d’euros accentuent le plongeon des rendements des bons des Trésors de la zone, ce qui déstructure totalement l’architecture de ces taux qui est à la base du fonctionnement de tous les marchés. L’épargne n’est pratiquement plus rémunérée, ce qui détruit là encore les bases de la société car depuis toujours, les ménages ont épargné pour constituer un capital et investir ensuite. Les gens, les épargnants, les consommateurs, les citoyens, les électeurs sont déboussolés. Les partis traditionnellement au pouvoir sont très fortement contestés par les partis anti-establishment, ce qui peut conduire au meilleur (ce qui est peu probable) comme au pire. Les Marioles de la BCE augmentent donc le désordre dans la vieille Europe continentale. C’est d’autant plus grave que les marchés, c’est-à-dire les panurgistes qui y interviennent ne comprennent absolument rien à ces problèmes monétaristes comme le montrent les variations aberrantes des cours des actions et des obligations après la réunion des Marioles de la BCE. Et pourtant, tout est simple.

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Published by CHEVALLIER
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  • : Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste
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